Mossi / Burkina Faso. Ghana

16 Janvier 2017, 19:09

Poupées Biga Mossi, Burkina Faso, Ghana. Mossi fertility dolls,Burkina Faso, Ghana.

Poupées Biga Mossi, Burkina Faso, Ghana. Mossi fertility dolls,Burkina Faso, Ghana.

  • Poupées Biga des Mossi du Burkina Faso.

Exceptionnels exemplaires de deux poupées de fertilité d'un type peu fréquent, très probablement du même artiste.

Les corps sont décorés de scarifications selon un même schéma graphique. La forme des nattes tressées symbolisées sur l'avant du visage, reproduisent la coiffe en crête trilobée appelée Gyonfo, dont le haut lobe central s'étire depuis la nuque jusqu'au menton. Ces éléments permettent de définir le style d'origine qui serait celui de la région d'Aribinda, située dans la province de Soum au Burkina Faso.

Elles présentent de très belles patines d'usage profondes noire et blonde attestant d'un usage prolongé.

Première moitié du 20éme siècle

« biiga » signifie en mooré, la langue des Mossi, « enfant » dans le sens d’un « individu n’ayant pas atteint la maturité physiologique » ou de « descendant ».

La Biga est traitée comme une poupée enfant par les petites filles. Ces figurines reproduisent à petite échelle une femme, sous les traits d'une jeune fille a travers la chevelure et les scarifications abdominales, mais aussi une épouse et une mère allaitante a travers la représentation la des seins qui ne sont jamais droits mais plutôt pendants. Ces figures sont donc autant une représentation de l’enfant que de la femme à venir.

Bien que les biiga figurent des femmes, les enfants leur donnent un prénom de garçon ou de fille, les habillent, les lavent, les nourrissent, les portent sur le dos, les font sauter sur leurs jambes… comme un véritable bébé.

Parfois offert par l’un des parents, la biiga, alors conservée précieusement, est emportée par la jeune mariée chez son époux car elle est considérée comme un stimulant à la grossesse. Si la grossesse n’arrive pas, l’épouse stérile va en acquérir une autre comme support de forces fécondantes.

Selon Suzanne Lallemand, la biiga –en tant que double protecteur du bébé- reçoit les premiers soins : une fois le cordon ombilical coupé, la toilette du nouveau-né passe après celle de l’enfant de bois, ainsi que le massage au beurre de karité. La figurine est ensuite couchée près de la maman avant qu’on y place son nourrisson. Quant à la première goutte de lait maternel, elle est réservée à la statuette avant que l’enfant ne tête sa mère. Plus tard la statuette sera portée une dernière fois dans le dos.

D’après « Biga, poupées de fertilité mossi », ouvrage édité à l’occasion de l’exposition de la Galerie Flak –Paris- en décembre 2007.

D'autres Poupées Mossi de la collection.

Cliquez sur les liens ci dessous.

LALA 21/06/2016 00:51

elles sont trop belles