Bamileke / Cameroun

24 Juin 2016, 12:03

Pipe Bamileke, Cameroun. Bamileke clay pipe, Cameroon.

Pipe Bamileke, Cameroun. Bamileke clay pipe, Cameroon.

  • Pipe Bamileke du grassland, Cameroun.

Fourneau de pipe d'apparat a sujet antropomorphe. terre cuite vernissée. Provenant de la région de Bafoussam.

Les sujets sculptés sur les anciens fourneaux de pipes tels que celui ci revetent souvent l'apparence d'un etre antropomorphe, mi homme mi animal, faisant certainement reference aux representations du roi "le Fon" et de ses differentes metamorphoses surnaturelles. En effet,  Autrefois, ont le croyais doté de pouvoirs extraordinaires, dont la possibilitée de se changer en un animal, le plus souvent en elephant, leopard ou buffle. Ces pipes n'etaient pas vouées a a etre utilisées pour fumer, elles servaient avec d'autres objets de decorations pour agrementer visuellement un environement ceremoniel.    

Ont peut peut etre penser a un etre mi homme mi leopard pour ce manifique fourneau de terre cuite.

 

Fin du 19eme siecle

 

L'art des grassland est un art de cour au protocole complexe et aux rituels nombreux qui ne sont pas visibles par tous. 

Les savannes de l'ouest du Cameroun ou grassfields selon la terminologie anglophone, ont vu se develloper trois cultures complexes et riches en imaginaire artistique,  les Bamileke, les Bamoun et les Tikar. Toutes trois sont structurés en chefferies ou petits royaumes au nombre de 90. ces royaumes sont gouvernés par un roi, le Fon.

 

 

 

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Bamileke / Cameroun
Bamileke / Cameroun

Le royaume Bamileke

La structure sociopolitique du royaume Bamiléké était constituée par le chef, les notables, les hommes libres et les esclaves. Au sommet de l´empire, on trouve le roi, appelé Fô ou Fong, monarque absolu. Il est détenteur d´un pouvoir temporel étendu, entouré d’un prestige divin. L´accession du roi au trône se faisait après un stage d’initiation. Tout le patrimoine foncier lui appartenait. Le successeur du Fô était choisi parmi ses fils biologiques. En réalité, c’était au Fô de son vivant à qui incombait la tâche de choisir celui qui lui succederait parmi ses enfants. jupe grassland Toutefois, ce choix devait rester secret. Il le revelait uniquement à trois ou quatre grands notables, membres du conseil royal, qui faisaient le serment de respecter sa volonté après sa mort. Le choix du Fô n’obeissait pas à la logique du droit d’aînesse, car il était libre de choisir parmi tous ses fils. A la mort du Fong, le conseil royal se reunissait afin d’organiser la cérémonie au cours de laquelle allait être révelé le choix du défunt au peuple. Pendant cette cérémonie publique, les grands notables placaient dans la cour tous les fils du défunt roi. Au milieu du cérémonial, ils venaient attraper celui qui avait été désigné par le Fô décédé. L’élu était immédiatement conduit au « la’akam » pour son initiation qui durait neuf semaines. Le royaume Bamileke

Les premières semaines étaient consacrées à l’étude de l’histoire de la chefferie et au rôle du chef ( droits et devoirs), ensuite il était initié par les grands maîtres à la maitrise du monde(forces invisibles). La dernière semaine était consacrée à l’utilisation des insignes royaux, au choix des notables et des conseillers qui devaient accompagner le roi dans son ministère. Pendant ces neufs semaines le roi était entouré de huit jeunes filles, officiellement elles s’occupaient du ménage, du repas, mais en réalité, leur rôle était de tester la virilité du roi, mais aussi de savoir s’il était procréatif. Car au terme des neufs semaines, si l’une d’entre-elles n’était pas enceinte, le roi élu était revoqué par le conseil royal qui en choisissait un autre parmi les frères du roi déchu. Ce dernier était tout simplement supprimé physiquement.

La reine mère(Mafo) jouit d’un prestige réligieux qui dépasse celui du roi et qu’elle surclasse en autorité. Elle était incontournable au sein du royaume, et veillait jalousement aux intérêts de son fils, surtout la première année du règne de celui-ci. Les femmes nobles en général jouissent d’un grand pouvoir surtout si elles sont héritières. Dans les classes inférieures, les femmes n’ont qu’un statut d’objets d’échanges.

Quant au Conseil royal, il était constitué par neuf dignitaires. Au dessous on trouve les prêtres (Tchinda) et les serviteurs (wala). Dans les villages, les foulés sont les représentants du roi. La civilisation bamiléké est puissamment originale.

Le mariage est exogame. Le monothéisme, le culte des ancêtres, dont les crânes sont ensevelis sous le lit sont les principaux traits de la réligion. Ce culte est greffé sur la structure familiale, le fils designé comme successeur recevait avec la maison, la terre et les femmes, les crânes de son lignage. Le culte des crânes permettent de communiquer avec les parents défunts, et est basé sur la croyance que les morts ont une possibilité d’action sur les vivants. L’art architectural et sculptural manifeste un foisonnement d’inventions et une verve créatrice ainsi qu’une vigueur plastique incomparable.

 

 

Danse des masques éléphants lors d'une cérémonie funéraire Bamileke en 1913.

Danse des masques éléphants lors d'une cérémonie funéraire Bamileke en 1913.

GRASSLAND, Cameroon

The northern part of Cameroon has been Islamized and has no sculpture; on the other hand, the savannas of the west, the Grassland, are composed of three ethnic groups with ancestors in common. There are the one million Bamileke spread over the southwestern plateaus, in communities that have from 50,000 to 100,000 people; the 500,000 Bamenda-Tikar in 

the north; and, finally, the Bamum in the northwest, with a population of 80,000. The Bamileke resisting slave raids with suicide or rebellion, contributed very little to the Black population of the New World.

The artistic production of the people living in the Grassland of Cameroon is closely associated with royal and societal ceremonies. Large figures, thrones and prestige paraphernalia are used by the king to assert his power.

 

The Grassland was divided into ninety kingdoms governed by a king, the fon, supported by non-secret societies.

In the past, he was believed to be endowed with supernatural powers that allowed him to change into an animal – an elephant, leopard, or buffalo.

He ensured the protection of his people and guaranteed the fertility of the fields and the fecundity of the women. The fon was responsible for rituals of planting and harvesting, for the annual festival of the dry season, for the opening of the collective royal hunt, and for expeditions of war.

The fon was appointed by his predecessor, who chose him from among his direct heirs, excluding the eldest. Art objects were symbols of position in the hierarchy; their number, the materials from which they were made, and their iconography changed progressively as one descended or ascended the social ladder.

Competition among sculptors was often great, for the artist’s “office” was not hereditary. Sculpture’s goal was to commemorate and celebrate the royal ancestors of the present fon. In the fon’s palace, next to the ancestral figures and the masks, one would also find headdresses, beaded thrones, bracelets, necklaces, pipes, leopard skins, elephant tusks, 

swords, commanders’ sticks, fans, dishware, horns, and terracotta bowls.

 

In Bamileke territories, the fon entrusted the guardianship of the sculptures to certain members, for to spread around 

portions of the treasury was an insurance against the frequent fires. Masks that elicit fear and apprehension are the work 

of societies responsible for repression. In spite of the ethnic and stylistic variations found in the Grassland area, similar 

types of mask have been produced. All young boys belong to associations based on age classes, covering periods of five 

years each, focusing on military and technical apprenticeship. The various societies also had their masks; some of them, 

according the tradition, had been created and consecrated by the ancestors themselves, others inspired great fear, there 

were masks decorated with beads, copper, and cowrie shells. Most of the kingdoms used the buffalo, stag, elephant, birds 

masks, and masks presenting male and female human heads. They are usually worn during state ceremonies such as the 

funeral of an important dignitary, or during annual festivities. During these ceremonies, the leading dancer wears a n’kang 

mask which bears a false beard, a coiffure split in two symmetrical parts and is often covered in royal paraphernalia such 

as cowrie shells and beads. The n’kang mask is followed by other masks representing a woman, a man or an animal. The 

buffalo and elephant masks represented strength and power, and the spider mask, intelligence, but most of the meanings 

are now lost.

 

Bamum social life was oriented toward the conquest of surrounding chieftainries, and forays were made into neighboring 

lands: from this stems a warrior mythology and an abundance of material symbols of strength. The Bamum produced large 

figures encrusted with beads and cowries. Noteworthy elephant heads cast in bronze. There are also: dance masks in the 

form of a long head and a high neck, also in animal-head form; footstools and thrones decorated and supported by animal 

or human figures. In the small kingdom of Bangwa, the heads of statues and masks feature puffed-out cheeks. The very 

characteristic sculpture in the round attains its apogee in a depiction of a horn-player who wears traditional headgear in the 

shape of a tiara; the thick double arc of his eyebrows overhang, and the mouth is treated in parallelepipedal relief under a 

heavy nose featuring well-shaped nostrils.

 

The wood used for masks is not always completely hollowed out, for the mask does not cover the face of the wearer but 

rather tops a kind of bamboo cage surrounded by a tufted collar of palm fibers, which conceals the head. These masks, 

instruments of societies with political, administrative, judicial, or theatrical functions, were kept in special storage houses; 

they were brought out at the first rainfall. Then, the king himself would appear masked and dancing. The buffalo joins the 

leopard, elephant, and two-headed python as an image of royal power is frequently found in the decoration of works from 

the region.

 

A large number of prestigious items of paraphernalia were produced within the Grassland area, including large house-

posts, door and window frames carved with human and animal figures, thrones, stools and tables decorated with small 

heads and figures, large bowls, carved horns for royal feasts, anthropomorphic terracotta and bronze pipes. Musical 

instruments such as anthropomorphic and zoomorphic drums, as well as metal gongs, were played during royal and state 

ceremonies. 

 

Source: www.zyama.com