KUBA, BA-KUBA / R.D CONGO

3 Juillet 2016, 23:18

Coupe Kuba, République démocratique du Congo . Kuba Cup , Democratic Republic of Congo.

Coupe Kuba, République démocratique du Congo . Kuba Cup , Democratic Republic of Congo.

  • Coupe a vin de palme Kuba, République Démocratique du Congo.

 

Cette coupe anthropomorphe servant a boire le vin de palme,  représentant une tête de dignitaire, les yeux sculptés en amande.

Elle est agrémentée d’un beau décor symbolique par incisions et en ronde bosse.

Cet objet de prestige etait connu sous le nom de Mbwoong ntey,

 

Les Ba-Kuba,  société centralisée et très hiérarchisée a développée dans le passé un art de cour riche d'une multitude d'objets de réceptions et de banquets. C'est avant tout un art royal et aristocratique, essentiellement décoratif ce matériel est exceptionnellement utilisés puisqu'il devaient toujours présenter une apparence parfaite, absente de chocs et autres traces d'usures ou de vieillissement. Beaucoup de ces objets, bien qu'anciens n'ont souvent jamais été utilisés. D'ailleurs a partir de la fin de la première moitié du 20 eme siècle, il est rapporté que les artisans d'art qui fournissaient la noblesse Ba Kuba, ont commencés parallèlement a développer un commerce avec les colons Européens présents dans la région, en vendant des productions exécutés dans le plus pur style traditionnel. Ce sont souvent ces très beaux objets exécutés avec le plus grand soin, que nous retrouvons dans les collections.  

Les objets de cour Ba Kuba, des peignes, des porte rasoirs, boites à fard stylisées, coupes céphalomorphes, paniers et boites de vanneries très finement tressés et belles étoffes tissées en fibre de raphia et brodées, sont très prisés aujourd'hui des collectionneurs. 

 

Premiere moitié du 20 eme siècle.

Collecté par Louis Simonet, colon belge qui résidait à Namur (1911-1974).

Rentré du Congo Belge en 1952.

 

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Coiffure rituelle feminine Kuba. ba-kuba girl ritual hair.Coiffure rituelle feminine Kuba. ba-kuba girl ritual hair.

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LE ROYAUME KUBA

 

L’exode du peuple fondateur du royaume Kuba (apparenté aux Mongo) a commencé, à la suite de l’arrivé des portugais sur la côte atlantique, et surtout en réaction à l’inceste commis par leur légendaire ancêtre Woot avec sa soeur. Ils se sont installés au milieu du 16ième siècle sur la rive gauche du fleuve Congo. Ils en seront délogés par les jaga, qui les obligeront à remonter le Kasaï, pour la plaine de l’Iyool. Peu après, la fédération de chefferies qui constituait ce groupe, connu une violente querelle au sujet du choix du nouveau chef, et le clan des Boushong ( hommes du couteau de jet) eu le dernier mot. En réalité, ce clan avait élu un guide temporaire lors de sa migration. Ce dernier avait vite acquis le rôle de Leader, et le groupe ethnique pris le nom de Boushong. Puis ils finirent par s’installer entre le Sankuru, le Kasaï et le lualua. ils avaient la maîtrise du tissage des étoffes en raphia, cultivaient différents types de bananes et fondaient le fer et le cuivre. Au 17ième siècle le roi Shyaam a Mboul a Ngoong ou Shamba Bolongongo avait entrepris une structuration de son empire. Il concentra les dignitaires dans la capitale pour mieux les contrôler, il décida que l’initiation des classes de jeunes devrait désormais être la base d’un service militaire et civique pour les travaux d’intérêt commun. Il favorisa le développement de la sculpture, introduisit la culture du maïs, du haricot, du tabac et du manioc.

Le royaume kuba était constitué en une confédération de chefferies. Dans celle-ci, chaque chef avait le droit de guerre, et était entouré d’un triple conseil chargé de régler les questions courantes et importantes, puis de nommer les chefs inférieurs. Les membres de ce conseil l’étaient à vie, alors que les chefs subalternes élus par eux dans les clans princiers étaient destituables. Le roi gardait son trône jusqu’a sa mort et celui-ci était transmis automatiquement à ses frères cadets, ou à défaut au fils de sa soeur. Le corps du roi était sacré, ses pieds ne devaient pas toucher le sol et tous ses actes étaient imités par ses courtisans, sa mère était le second personnage du royaume. Chaque chefferie était liée au roi par des liens personnels, car elle devait donner au roi chaque année, une femme en plus du versement d’un tribut. Le roi avait le monopole sur certains produits comme les peaux de léopards ou les défenses d’éléphants. Il devait valider les élections des chefs par attribution d’un insigne à chacun. Il était chargé d’arbitrer les conflits entre les différents chefs et devait protection à ceux qui subissaient une attaque extérieure.

 

Le révérend William Henry Sheppard fut le premier étranger à visiter la ville d’Ifuca, à la court du roi Kot ambweeky II en 1892.

Le Nyimi, Roi des Ba-Kuba en tenue d'apparat. The Nyimi, King of Bakuba in ceremonial dress.

Le Nyimi, Roi des Ba-Kuba en tenue d'apparat. The Nyimi, King of Bakuba in ceremonial dress.

Le Matriarcat Bakuba & Bashilélé : lignée royale utérine, totémisme et polyandrie.

 

La société traditionnelle Kongo étant matriarcale, à l’instar de tant de sociétés africaines anciennes, on conçoit que son aïeul primitif fût nécessairement une femme, sinon réellement, au moins symboliquement.

Constitution d’une royauté matrilinéaire

La personne du roi est sacrée et entourée d’un rituel complexe. La reine mère et la soeur du roi  jouent un rôle important car la succession est matrilinéaire. Le pouvoir absolu du roi est tempéré par un conseil de gouvernement comprenant six hauts fonctionnaires, dont le maitre du trésor qui perçoit les impôts, le Nibito (juge des crimes) et quatre grands dignitaires qui sont en même temps gouverneurs des 4 provinces. Les membres du conseil de gouvernement sont choisis dans le clan royal des Mbala mais les autres clans du royaume peuvent être également représentés à la Cour : les pygmées Twa, les différents corps de métiers (forgerons, tisserands…) et même les pères de jumeaux ont chacun leur représentant. Les restrictions apportées au pouvoir absolu du souverain apparaissent comparables à ceux du royaume du Congo ou des Balounda (Balunda).

La mère fondatrice d’un peuple

Selon l’une des versions mythologiques de leur origine, rapportée par Raphaël Batsîkama, l’ancêtre primordial (Nkâka ya kisina) des Bakongo serait une dame nommée Nzinga, fille de Nkuwu et épouse de Nimi. La société traditionnelle Kongo étant matriarcale, à l’instar de tant de sociétés africaines anciennes, on conçoit que son aïeul primitif fût nécessairement une femme, sinon réellement, au moins symboliquement.

Une lignée royale utérine

En principe, la succession à la tête de Kongo est matrilinéaire. En sorte qu’originellement, seuls les descendants de Lukeni Lwa Nzinga, la fille de l’ancêtre-mère primordiale, pouvaient prétendre au poste de Mwene. Les descendants de Vit’a Nimi ayant pour fonction de veiller au respect, entre autres, de cette loi de succession. Par conséquent, après avoir été élu par le Conseil des Sages, un Mwene ne peut être consacré ainsi que s’il subit une cérémonie rituelle organisée et présidée par le gardien des principes spirituels et politiques désigné nécessairement parmi la lignée des Nsaku.

Le pouvoir procède des femmes

C’est ainsi que le premier Mwene Kongo attesté dans les annales traditionnelles s’appelle Nimi’a Lukeni Lwa Nzinga, c’est-à-dire Nimi (du nom de son grand-père) fils de Lukeni et petit-fils de l’ancêtre-mère Nzinga Nkuwu. Où l’on voit que les fonctions de Reine-Mère ou d’Épouse-Royale sont particulièrement cruciales dans les sociétés matriarcales ; elles ne sont guère honorifiques comme cela peut être le cas ailleurs.

 
Le Nyimi, Roi des Ba-Kuba dans son palais. The Nyimi, King of Bakuba in his palace.

Le Nyimi, Roi des Ba-Kuba dans son palais. The Nyimi, King of Bakuba in his palace.