Mossi / Burkina Faso

29 Décembre 2012, 02:19

Mossi / Burkina Faso

Mossi / Burkina Faso

  • Poupée Biga Mossi de style Boulsa ou Saponé du Burkina Faso.

  • Premiere moitié 20 eme siecle

Statuette pratiquement identique visible a la page 40 de l'ouvrage "l'ame de l'Afrique", collection de Serge Diakonoff.

Biga signifie enfant. la Biga est un jouet éducatif pour les jeunes filles. Chez les Mossi ou Moose, Mosi, Molé, ethnie du Burkina Faso, les Biiga étaient sculptées dans du bois, elles pouvaient être gainées de cuir en morceaux ou en lamelles et ornées de cauris et de perles en verre. Les bras et jambes ne sont pas représentés mais la poupée porte toujours des seins pendants qui symbolisent la maternité en opposition aux seins droits des jeunes filles. La forme de la tête change selon l'ethnie d'origine, des traits creusés dans le bois représentent la chevelure en forme de crête et les scarifications du visage sont typiques des différentes ethnies

En savoir un peu plus sur les Biga

« biiga » signifie en mooré, la langue des Mossi, « enfant » dans le sens d’un « individu n’ayant pas atteint la maturité physiologique » ou de « descendant ».

La Biga est traitée comme une poupée enfant par les petites filles. Ces figurines reproduisent à petite échelle une femme, sous les traits d'une jeune fille a travers la chevelure et les scarifications abdominales, mais aussi une épouse et une mère allaitante a travers la représentation la des seins qui ne sont jamais droits mais plutôt pendants. Ces figures sont donc autant une représentation de l’enfant que de la femme à venir.

Bien que les biiga figurent des femmes, les enfants leur donnent un prénom de garçon ou de fille, les habillent, les lavent, les nourrissent, les portent sur le dos, les font sauter sur leurs jambes… comme un véritable bébé.

Parfois offert par l’un des parents, la biiga, alors conservée précieusement, est emportée par la jeune mariée chez son époux car elle est considérée comme un stimulant à la grossesse. Si la grossesse n’arrive pas, l’épouse stérile va en acquérir une autre comme support de forces fécondantes.

Selon Suzanne Lallemand, la biiga –en tant que double protecteur du bébé- reçoit les premiers soins : une fois le cordon ombilical coupé, la toilette du nouveau-né passe après celle de l’enfant de bois, ainsi que le massage au beurre de karité. La figurine est ensuite couchée près de la maman avant qu’on y place son nourrisson. Quant à la première goutte de lait maternel, elle est réservée à la statuette avant que l’enfant ne tête sa mère. Plus tard la statuette sera portée une dernière fois dans le dos.

D’après « Biga, poupées de fertilité mossi », ouvrage édité à l’occasion de l’exposition de la Galerie Flak –Paris- en décembre 2007.

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